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Maintenant que La Capitainerie est repartie et bien repartie, maintenant qu’elle a une certaine visibilité et s’installe dans la durée, nombre de choses changent. On ne navigue pas de la même manière si l’on a de l’eau à courir1 que lorsqu’on approche des brisants. Nous voilà donc maintenant de nouveau à construire, développer, inventer. Plusieurs chantiers vont s’ouvrir, avec pour colonne vertébrale cette idée : le spectacle vivant doit se rendre accessible au plus grand nombre, et ce, dans une relation la plus vraie, la plus directe possible, entre artistes et spectateurs - vieille marotte maison, disons-le. Commençons par le début : l’idée que le spectacle vivant se rende accessible au plus grand nombre... Pour aller au spectacle, il faut d’abord, en être informé ; ensuite, en avoir envie ; enfin, en avoir la possibilité. Triple lapalissade. Mais qui mérite pourtant d’être formulée puis regardée de près. Etre informé suppose que l’information soit diffusée et circule, mais aussi que l’on y soit réceptif - voire que l’on aille la chercher. On est plus facilement au courant si l’on a envie de l’être. Avoir envie est, disons, une question de goût. Mais il y a des freins qui relèvent de l’a priori : «Le théâtre, la chanson, la danse, ce n’est pas pour moi, je n’y connais rien, n’y comprend rien - et ça ne va pas me plaire». Ces barrières bien inutiles subsistent entre certaines formes artistiques et beaucoup de gens qui n’osent simplement pas les aborder - y goûter Etre sensible à la beauté d’une histoire, d’un texte, d’un mouvement, être touché par l’émotion transmise par un comédien ne demande aucune compétence et il convient de le dire haut et clair. Sans tabou. Tous ceux qui l’ont compris, ou vécu, peuvent utilement relayer ce message... Enfin, en ce qui concerne la possibilité d’aller au spectacle, La Capitainerie, déjà très accessible, va mettre en place des mesures supplémentaires dans ce sens.
1. en jargon marin, avoir de l’eau à courir c’est être loin des côtes et donc des dangers.
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