ephemeride
Ne dites pas dernier délai dites Quasimodo

Preuves à l’appui, il est difficile aux collectivités publiques de s’approprier, et même d’appréhender, une structure dont elles ne sont pas à l’origine. Aujourd’hui de nouveau, et de façon aigue, La Capitainerie s’en trouve fragilisée.

Créée en 94 au coeur d’une zone rurale où elle est la seule salle de spectacle, La Capitainerie travaille, plus spécialement depuis huit ans, à obtenir la reconnaissance et le soutien de ce territoire. Non sans aucun résultat ni sans aucune écoute. Mais au bout de ce temps et malgré des demandes très modestes,  chaque centimètre gagné l’est de haute lutte et reste susceptible d’être reperdu.

Comme plusieurs collectivités sont concernées, force est d’admettre que les individus ne sont pas en cause mais que quelque chose pêche, de façon bien plus générale, dans le fonctionnement de ces collectivités de terrain ; et, aussi, que la culture reste encore et toujours un parent pauvre et une cinquième roue de carrosse.

En 2007, La Capitainerie s’est donc tournée vers les élus de son territoire proche pour que celui-ci s’implique?dans un outil qui relève clairement de sa compétence : elle joue le rôle d’un service culturel là où il n’y en a aucun autre.

Dossiers, rencontres, réunions ont exposé sous toutes les coutures la genèse, le fonctionnement, les effets directs ou induits de La Capitainerie. Avec l’aide d’autres collectivités et institutions, et en nous appuyant sur des études et témoignages, nous avons apporté tous les éléments qui attestent que la présence de La Capitainerie est une chance et que contribuer à son existence et à son bon fonctionnement, contribuer même à son rayonnement tout en en tirant parti, est clairement l’intérêt de son territoire.

Nous avons aussi montré que les coûts de fonctionnement de La Capitainerie sont incomparablement plus bas que ceux d’outils équivalents directement portés par une collectivité, et fait observer qu’en outre les investissements sont derrière nous et qu’ils ont été faits sans faire appel aux collectivités du territoire.

Tout ce qui a ainsi été montré voire démontré est globalement admis, validé. Et pourtant, une sorte de réticence demeure, comme si existait une paroi de verre entre initiative privée et structure publique. Peut être un symptôme de plus d’un malaise profond entre le terrain et les collectivités.

Soit dit sans dédouaner les élus, il y a forcément à tout cela une responsabilité quelque peu... collective.